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Chaque millésime est unique et imprègne le profil des différents crus du Domaine Michel Mallard et Fils. Une expression du terroir qui se reflète dans les cuvées : Bourgogne, Côte de Nuits-Villages, Chorey-les-Beaune, Savigny-les-Beaune, Ladoix, Aloxe-Corton, Corton et Corton-Charlemagne.

2023

 C’est l’absence d’eau qui inaugure le millésime 2023. En effet, le déficit hydrique durant la campagne 2022 a continué de s’accentuer durant les mois d’automnes et d’hivers 2022/2023. Le mois de mars sera toutefois abondamment pluvieux, il compensera partiellement les niveaux des nappes phréatiques et soulagera les végétaux. Concernant les températures, le mercure oscille entre douceur et fraîcheur sur ce début d’année. Il faudra attendre la fin du mois de mars pour parvenir à une stabilité plus clémente du thermomètre. C’est à cette période que nous verrons les premières petites pointes vertes s’extirper de leur cotonneux. Cette alternance des températures reprend de nouveau jusqu’au 19 mai, retardant la croissance végétative de la vigne. Après cette date, encouragée par une belle météo son développement s’accélère et ses premières fleurs s’ébauchent début juin. L’eau continue de se faire désirer. La première quinzaine de juillet sera marquée par des températures caniculaires et des orages accompagnés localement de grêles comme sur Chorey-lès-Beaune, où notre parcelle de « Beaumonts » sera impactée. La saison estivale se poursuit sous la fraîcheur et la grisaille ralentissant l’évolution de la véraison et favorisant le développement de la pourriture tel que le botrytis cinerea. À partir de la mi-août, le temps change radicalement pour laisser place à la chaleur et à la sécheresse. La maturation, qui jusque-là languissait, s’enclenche. Du fait de l’état sanitaire dégradé par la présence de la pourriture grise, un tri extrêmement minutieux a été réalisé sur toutes les grappes pour les débarrasser de leurs impuretés. Nous avons démarré les vendanges le 1er septembre 2023 avec la parcelle d’Aloxe-Corton « Les Crapousuets ». Elles s’achèvent le 13 septembre avec le Ladoix « Les Buis ». Un millésime très bourguignon alliant équilibre et digestibilité.

 

2022

 C’est un hiver globalement conforme aux normales trentenaires qui entonne ce nouveau millésime. En revanche, à partir du mois de février, les températures s’envolent. 2022 recenseles plus hauts relevés météorologiques jamais enregistrés ! La vigne, stimulée par cette douceur printanière, se réveille et étale ses premières feuilles vers le 18 avril. Quelques épisodes plus frais voire gélifs - rappelant non sans douleur le millésime 2021 - vont ponctuer cette période, mais les dégâts seront fort heureusement minimes. La croissance de la vigne s’accélère par la suite, dopée par les chaleurs du mois de mai. Nous observons le déploiement de ses premières fleurs dès la fin de ce mois. La contrainte hydrique qui commence à se manifester sera résolu sur juin : une première séquence arrosée lors de sa première décade et un deuxième épisode plus violent sur sa dernière semaine (100mm de précipitation). Les mois d’été qui suivront seront particulièrement secs. Nous observerons sur la vigne des blocages de son cycle végétatif, notamment un ralentissement de sa véraison avec un stade mi-véraison atteint le 8 août. Enfin, un passage pluvieux d’une vingtaine de millimètres vers la mi-août soulagera la vigne et peaufinera la maturation de ses raisins. À l’approche des vendanges, le vignoble est relativement sain. Les fortes chaleurs ont naturellement maitrisé le développement du mildiou. Et quant à l’oïdium, son développement tardif sur juillet n’aura pas de grandes conséquences sur les raisins. Les premiers coups de sécateurs sont donnés dans notre parcelle d’Aloxe-Corton 1er Cru « Les Valozières » le 24 août 2023 et les derniers dans notre parcelle de Côte de Nuits-Villages « Le Fourneau » le 3 septembre. Un millésime conjuguant élégance et raffiné, un grand millésime !

 

2021

 Un millésime excessif mais à l’opposé des précédents. En effet, fraicheur et humidité scandent cette nouvelle campagne. Reprenons ensemble les points forts de ce millésime… C’est fin mars que la vigne émerge de son sommeil hivernal. Mais ce renouveau est tristement avorté par l’arrivée d’une masse d’air polaire qui s’abat sur le pays à partir du 5 avril. Les paysages se couvrent de neige et l’air est glacial. Durant trois jours, l’atmosphère est humide et froide, un cocktail redoutable pour les frêles bourgeons tout juste sortis. Le chardonnay, de par sa précocité, est largement impacté ainsi que les parcelles avancées de pinot noir. La vigne, alors stoppée dans sa croissance, devient un véritable garde-manger pour les prédateurs tel les mange-bourgeons. À ce stade, le potentiel de notre récolte, du Village au Grand Cru, est bien éprouvé !! Les mois suivants ne sont guère plus réjouissants… Fraicheur, épisodes de grêles et pluies quasiment quotidiennes profitent aux maladies comme le mildiou, l’oïdium et le botrytis cinerea. Toutefois, deux fenêtres météorologiques ménagent la vigne :

- La deuxième quinzaine de juin, une accalmie douceur épargne la floraison

- Et, à partir de la mi-août, les pluies se raréfient pour permettre au raisin de maturer lentement jusqu’aux vendanges.

C’est ainsi que, le 17 septembre, les premiers coups de sécateurs raisonnent dans la vigne. Malgré tous ces aléas, Chardonnay et pinot noir, font figures d’une remarquable résilience. 2021, un millésime de challenge qui se distingue par son incroyable élégance.

 

 

2020

 Dans la série des millésimes chauds et secs, 2020 est en pôle position, sans toutefois dépasser la sécheresse de 2003. Récapitulons en reprenant au début de cette année… La vigne se réveille prématurément, motivée par des températures hivernales particulièrement douces. Nous observons dans nos parcelles, dès la 2e quinzaine du mois de mars, l’apparition de petites pointes vertes. Cette croissance végétative est ralentie par une arrivée d’air froid et sec provenant de Scandinavie. Mais fort heureusement, rien d’alarmant pour ces bourgeons natifs ! C’est à partir de la mi-mai que le beau temps s’installe véritablement, ce qui permet à la floraison de s’enclencher. Fugace, elle s’achève très rapidement à la fin de ce mois. Le cycle de la vigne continue alors son évolution mais l’absence d’eau et la chaleur, renforcée par deux épisodes caniculaires fin juillet et début août, freinent la véraison. La vigne peine, notamment le pinot noir, et éprouve des difficultés à subsister. C’est palpable… Nous contemplons la vigne, impuissants, ses raisins échaudés, ses feuilles jaunies et flétries. Quelques ondées, sous forme d’orages très localisés, débloquent la fin de la maturation des raisins. Contre toute attente, les niveaux d’acidité sont maintenus dans les baies promettant un bel équilibre aux futurs vins. La récolte démarre le 20 août avec le Corton Grand Cru Les Renardes, du jamais vu au Domaine ! 2020 s’inscrit dans la lignée des millésimes extrêmes et se révèle d’une rare beauté.

 

 

2019

Cette année-là encore, chaleur et sécheresse séviront en Bourgogne. Dès l’installation de ce nouveau millésime, la douceur est au rendez-vous. Cette clémence météorologique favorise la fin de l’hibernation de la vigne. Celle-ci s’éveille tôt et les bourgeons apparaissent. Tout début avril, la plante est déjà recouverte de petites pointes vertes. Le mercure est ensuite bien capricieux, les températures oscillent passant du chaud au froid et inversement. Ces variations impactent l’évolution de la floraison qui s’éternise et s’achève sur la fin du mois de juin. Nous pouvons alors observer des phénomènes de coulures et de millerandage liés à ces conditions climatiques chaotiques. Concernant l’aspect sanitaire, seul l’oïdium exercera une pression inquiétante. Mais la rigueur de Dino, Rosa et Noël permet de juguler cet indésirable. L’été, enfin emménagé, affiche des températures plus élevées que la normale. Ces fortes chaleurs sont accompagnées de grêle, les 6, 7, 14 et 20 juillet mais fort heureusement pour nous, nous n’observerons aucun dégât. Malgré ces aléas, la vigne continue sa croissance. Les baies se chargent de lumière et de chaleur. Elles enclenchent leur changement de couleur (la véraison) après les pluies du 9 au 11 août. Les raisins suivent leur cycle et arrivent à maturité sans encombres. Les premiers coups de sécateurs se font entendre le 9 septembre. La qualité des baies signe un millésime mûr et bien équilibré.

 

2018

 Le leitmotiv de ce millésime serait « chaleur, sécheresse, canicule ». Et, si la récolte ne s’est pas déshydratée sur pied, c’est grâce à l’excédent d’eau tombé durant l’automne et l’hiver précédent cette campagne. Mais récapitulons… C’est sous un climat frais et pluvieux que la vigne se réveille à partir de la 2ème quinzaine du mois d’avril. Le soleil l’accompagne et s’installe, l’encourageant à rattraper son retard végétatif. À ce moment-là, le sol est gorgé d’eau, rendant nos interventions dans les parcelles compliquées voire impossibles. Ce réchauffement bienvenu nous permet très vite d’accompagner au plus près le développement de la vigne. C’est la course !! Cette accalmie ne dure pas et dès le mois de mai jusqu’à la mi-juin des pluies journalières viennent perturber la floraison. Cette météo induit de la coulure et le mildiou guette. Il est annoncé, cette année, comme particulièrement virulent… l’angoisse est palpable. Cependant, le soleil réapparaît anéantissant la prolifération de cet indésirable et stimulant l’accroissement de la vigne. L’ensoleillement est optimal avec des périodes caniculaires. Quelques orages s’invitent et notamment la grêle qui touche dramatiquement le secteur de Nuits-Saint-Georges les 3 et 15 juillet. La vigne continue à s’allonger sous ces rayons brûlants et ses fruits se colorent vers la fin du mois de juillet. Le mois d’août est sous le même acabit. L’eau heureusement présente en profondeur sustente pour son plus grand bonheur l’assoiffée. L’état sanitaire est plus que sain à l’arrivée de la vendange, le 27 août. Des vins charnels aux fruits juteux d’une rare maturité phénolique. Une très belle réussite !

 

2017

Enfin un hiver comme il se doit ouvre la saison 2017 ! Du froid certes, mais un déficit hydrique qui se fait ressentir tout au long du développement de la vigne. La chaleur prend le relais dès le mois de février concourant à précipiter le débourrement de cette dormeuse. C’est donc tout début avril que nous voyons poindre ses si délicats bourgeons. Cette période ravive la cicatrice de la gelée noire 2016, encore béante dans nos esprits. Nous tremblons d’ailleurs de nouveau, suite à une alerte gel à la fin de ce mois. Le vignoble de la Côte de Beaune et de la Côte de Nuits est, pour notre plus grand soulagement, quasiment épargné. La croissance végétative de la vigne se poursuit et s’accélère en mai du fait des températures douces et des ondées d’appoint. La floraison s’amorce précocement et rapidement dès la 2ème quinzaine de mai et de manière très homogène. L’été qui suit est tout aussi clément, des températures élevées et quelques pluies éparses abreuvent avec parcimonie la vigne assoiffée. Ce contexte nous épaule dans la gestion des maladies cryptogamiques, peu présentes du fait d’interventions bien ciblées. Dès la fin du mois de juillet, les baies commencent à se colorer. Elles parviennent à maturité fin août grâce aux pluies providentielles. Les grappes tombent dans les seaux tout début septembre.

Un millésime indulgent après le marathon effréné de 2016. Des vins charmeurs, aux fruits tendres et au plaisir immédiat à consommer dans leur jeunesse.

 

 2016

Un prélude climatique particulièrement doux et sec amorce ce nouveau millésime. Toutefois à partir du mois de mars, le froid finit par s’incruster sur le vignoble, ralentissant le démarrage de la vigne. Alors que les jeunes pousses encore duveteuses et joufflues commencent à s’étaler, un épisode de gel les saisit brutalement. Cette nuit noire du 26 au 27 avril endeuille les esprits. Certaines parcelles du Domaine sont impactées de 80 à 100% comme Savigny-les-Beaune 1er Cru Les Serpentières, Chorey-les-Beaune Les Beaumonts, Ladoix Clos Royer et nos appellations Bourgogne et Bourgogne Aligoté. Quant à nos crus Villages, 1er Crus et Grands Crus se situant pour la plupart en coteau, ils sont touchés à 30% environ. Le printemps qui suit cet événement fait perdurer cette morosité ambiante d’autant plus qu’il est ponctué d’alertes grêles maintenant l’inquiétude générale. En effet, l’alternance de précipitations et de journées ensoleillées rendent l’atmosphère moite : la bonne fortune du mildiou ! Cette humidité favorise également une floraison hétérogène ainsi que de la coulure. La perte s’accroit. L’été s’installe enfin et nous assistons alors à des blocages de maturité dus à un manque d’eau. La véraison survient lors de la 2ème quinzaine du mois d’août et la maturation des raisins reprend et se parfait début septembre grâce à la tombée de quelques pluies. Les sécateurs se déploieront le 24 septembre sur la parcelle du Clos Royer. Malgré cet abattement du sort durant tout son développement végétatif, le Pinot Noir excelle… À croire qu’il donne le meilleur de lui-même lors de ces millésimes extrêmes !

 

2015

Ce nouveau millésime s’initialise par un trop plein d’eau en automne et un hiver à tendance sec. L’impulsion est donnée, la campagne 2015 se place sous le joug de la sécheresse. En effet, dès le mois de mars, chaleur et absence d’eau s’intensifient jusqu’à fin juillet. Ces conditions influent sur la croissance de la vigne, qui après un éveil à la mi-avril, verra son cycle végétatif s’accélérer. Il en sera de même pour l’oïdium dont la pression s’amplifiera et sera difficile à juguler jusqu’en juillet. Heureusement début juin, le passage de la fleur se déroule parfaitement en quelques jours seulement. Par la suite, grâce à l’exposition progressive des raisins au soleil, les baies ne seront que faiblement impactées par le phénomène d’échaudage (grillure). En revanche, les premiers symptômes liés à la sécheresse apparaissent en juillet. Les jeunes plants et les ceps sur sols peu profonds - induisant un système racinaire en surface - peinent à survivre. Les fortes chaleurs suspendent par ailleurs la véraison. La situation se débloque début août avec l’arrivée salvatrice de la pluie. La maturité se déroule sans anicroche et les vendanges débutent le 2 septembre sous un magnifique soleil. 2015, un millésime précoce à la remarquable concentration !